En mesurant la nature et la quantité de gaz exhalés, l'appareil permettra d'aider au diagnostic de certaines maladies.

C'est encore un prototype. Mais l'équipement présenté mardi matin à Tokyo par le groupe japonais Toshiba pourrait bientôt aider les médecins à affiner leur diagnostic. L'idée est simple: l'analyse de la nature et de la quantité d'un gaz exhalé par une personne serait un bon traceur pour «surveiller la santé et diagnostiquer une maladie», estime le groupe japonais. De fait, depuis de nombreuses années, des recherches ont permis d'effectuer des corrélations entre certaines molécules produites par le métabolisme et des pathologies.

Le prototype présenté le 18 mars par le groupe japonais peut déjà servir à analyser trois gaz: l'acétaldéhyde (ou éthanal), l'acétone et le méthane. Le premier serait responsable des maux de tête caractéristiques de la «gueule de bois», après l'ingestion de boissons alcoolisées. Le deuxième serait un indicateur du diabète et des risques d'obésité. Enfin, la production de méthane par l'organisme pourrait indiquer des problèmes digestifs.

«Nous plaçons de grands espoirs dans l'analyseur d'haleine, depuis l'amélioration de la santé pour le suivi de régimes alimentaires jusqu'au diagnostic. Nous allons effectuer davantage de collaborations auprès d'universités et d'hôpitaux afin de bâtir une base de connaissance pour l'analyse d'haleine», précise Naoko Toyoshima, un expert des nouveaux métiers de Toshiba. Le groupe d'électronique japonais a confié une étude à l'université Waseda, pour effectuer des mesures cliniques de la concentration d'acétone dans l'haleine et corréler ces résultats avec la quantité d'acides gras dans le corps du patient. Ce serait un moyen d'évaluer «l'impact de certains régimes et de compléments alimentaires», précise le groupe de Tokyo.

Par ailleurs, l'équipement devrait être amélioré pour aider à mesurer dans l'haleine d'autres molécules: le monoxyde de carbone, le monoxyde d'azote et le «dioxyde de carbone 13C». Le premier permet de savoir si une personne fume (une information qui pourrait servir pour certaines études médicales), la deuxième est générée lors des inflammations des voies aériennes supérieures et la troisième permettrait de mesurer une bactérie responsable de certains ulcères de l'estomac.

Ces différents gaz sont mesurés grâce à une analyse du spectre des molécules. Chaque molécule a en effet une signature (spectrale) spécifique, liée à sa composition et à l'agencement des atomes, qui peut être identifiée au moyen d'un laser infrarouge.