Les macaques rhésus qui mangent ce qu'ils veulent ont une mortalité deux fois plus élevée que ceux qui sont mis à la diète. L'effet du contrôle des calories varie selon la situation de départ, mais reste bénéfique pour la santé de ces primates.

Le régime singe va-t-il détrôner toutes les méthodes à la mode ? Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature montre que les singes rhésus dont l'apport en calories est diminué de 30% vivent plus longtemps que ceux qui peuvent se nourrir comme ils veulent. Une étude assez proche n'avait auparavant pas montré de différence, ce qui alimente la controverse.

Ces résultats ont été tirés d'une expérience débutée en 1989 dans le Wisconsin. Deux groupes de 38 macaques rhésus ont été séparés. Tous les singes pouvaient manger ce qu'ils voulaient au début. Les premiers ont ensuite pu continuer, tandis que les autres ont été rationnés avec un tiers de calories en moins.

Au cours de l'étude, les scientifiques ont comparé la longévité des singes. Les résultats ont permis de constater que la mortalité des sujets qui avaient continué de manger s'est retrouvée deux fois plus élevée que celle des autres au fil des années.

Chez les souris aussi

Les chercheurs avaient déjà publié un premier papier en 2009, dont les résultats étaient moins probants. Les derniers chiffres sont à présent plus marqués car davantage de singes sont morts. De telles études avaient déjà montré un phénomène similaire chez les souris, il semblerait que la mise à la diète provoque une réaction biochimique qui aide à la survie.

Pourtant, une étude de 2012 réalisée dans le Maryland, et aussi basée sur des singes, n’a pas montré la même chose. La principale différence est que les singes du Maryland qui n’étaient pas soumis à la diète ne pouvaient pas pour autant manger ce qu’ils voulaient. Leur alimentation était soigneusement réglementée. Cela a eu pour effet que les singes du groupe de contrôle de la première étude étaient plus lourds que la moyenne, tandis que ceux du second étaient plus légers.

"Si vous prenez un animal qui mange beaucoup de sucres et que vous diminuez cette quantité de 30%, il n’est pas surprenant qu’il aille mieux, décrypte Julie Mattison de l’étude du Maryland. Alors que si vous prenez un animal qui mange déjà de manière équilibrée et que vous le mettez à la diète, vous n’aurez pas un effet aussi marqué."

La qualité plus importante que la quantité ?

Pour l'heure, les scientifiques mettent en garde contre toute application de ces résultats aux humains en l’absence d’études supplémentaires. Jusqu'ici, aucune étude concrète n'a pu évaluer l'impact d'un tel régime sur la longévité chez l'homme, notamment parce que de tels travaux sont difficiles à mettre en place. Aujourd'hui, les spécialistes suggèrent que c'est davantage la qualité des aliments consommés qui aurait de l'importance plus que leur quantité.